L'année dernière, nous avons été des millions à travers le monde à être bouleversés par le film Into the Wild. L'Odyssée d'un jeune homme qui, diplôme en poche, choisit de mettre en attente une carrière prometteuse, pour accomplir son rêve : aller en Alaska ! Seul, sans argent, chargé de son seul sac à dos, et de sa volonté pugnace, il accomplira son destin : intense, riche et tragique.
Le succès du film tient sans doute au talent de son réalisateur, Sean Penn ; à la qualité d'interprétation de l'acteur principal ; il doit aussi beaucoup au caractère authentique du récit à l'origine du scénario : le journal intime de Jon Krakauer. Car nombre de spectateurs, jeunes ou moins jeunes, se sont retrouvés dans les questionnements de ce héros à l'orée de sa vie adulte...
Faire le point pour mieux repartir
En effet, amorcer un dernier cycle d'études, intégrer une première entreprise, s'engager pour de bon... ce sont là des étapes difficiles,
quand on se sent encore si jeune ! Dans ce cas, une pause peut être profitable. Bien sûr il ne s'agit pas de se jeter, parce que la peur nous étreint, dans une fuite en avant éperdue
et aveugle ! Mais de se donner le temps d'une respiration, d'un point sur soi, et sur ses véritables envies. L'éloignement alors, est parfois bienvenu. Les choses, vues d'ailleurs prennent
souvent un jour nouveau, les conflits et les passions s'apaisent, l'essentiel se fait plus évident. On éprouve ses forces, on peut prendre confiance... Avancer ensuite sera moins effrayant,
puisque l'on saura où, et pourquoi on le fait.
Sans perdre son temps, ni son argent
Et c'est là un aspect intéressant, encore sous estimé en France : voyager, c'est aussi une manière de poursuivre sa formation. On pourra y approfondir sa maîtrise des langues étrangères bien sûr, mais aussi, travailler son sens du relationnel, son intelligence pratique, son adaptabilité... toutes qualités qui, au retour, peuvent faire la différence auprès d'un recruteur. Un indiscutable gain ; et pour un coût financier bien moins important qu'on ne le pense souvent... A chacun de trouver la formule adaptée à sa bourse et à ses envies.
Un mois, ou six, ou quinze, à parcourir le monde, ou seulement le pays de vos rêves, ce n'est pas un « trou » dans un CV, c'est un atout sur le marché du travail. Les jeunes anglo-saxons l'ont compris depuis longtemps. Reste à convaincre les jeunes français, et leurs parents !
un article paru le 15 décembre dans le Bien Public.
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