L’Université de Bourgogne bénéficie d’un centre culturel dynamique, l’atheneum, situé au cœur du campus. Espace de création, d’expérimentation, de diffusion et de débat, il propose à l’étudiant, mais aussi au public extérieur, une sensibilisation à l’art et à la culture. Rencontre avec Christiane Geoffroy, artiste-plasticienne qui fait l’actualité…
Vous êtes en résidence à l’atheneum depuis septembre 2008 et ce jusqu’en 2010. En quoi cela consiste-t-il ?
Mes propositions artistiques s’imprègnent de rencontres avec des professeurs-chercheurs. Ce n’est pas un travail fictionnel, dans le sens où j’utilise le médium artistique pour questionner la recherche contemporaine. Je travaille essentiellement autour du vivant, et sur la façon dont les avancées scientifiques peuvent modifier la perception que l’on en a. Actuellement, je mène sur le campus un travail avec le philosophe Pierre Ancet, auteur de Phénoménologie des corps monstrueux.
Quelles sont les relations que vous établissez avec les étudiants lors de cette résidence ?
Je voue une grande importance à la transmission dans mon travail artistique mais aussi en enseignant : on m’a beaucoup appris et c’est une préoccupation, en tant que femme, de transmettre à mon tour. Aussi, je vais dispenser des ateliers auprès d’étudiants. L’objectif étant de les amener, à partir de thématiques, à réaliser une production plastique. Un accrochage de leurs travaux sera proposé le 9 avril, à partir de 18h30, à l’atheneum.
Par ailleurs, j’ai réalisé un échange intéressant avec Pierre Ancet, auprès de ses étudiants et à l’université pour tous, autour de la question de l’éthique, lui apportant le regard du philosophe, moi celui de l’artiste-plasticienne.
Parlez-nous maintenant de votre actualité, l’exposition « ethics & ? », visible jusqu’au 26 mars à l’atheneum.
Cette exposition est centrée sur le clonage et questionne la reproduction et la généalogie de demain. Elevée au sein d’une ferme, où l’insémination artificielle en était à ses débuts, j’ai été très tôt préoccupée par ce sujet. L’intérêt de présenter ce travail sur un campus universitaire est que cette thématique est transversale et touche ainsi un large public d’étudiants. Elle concerne aussi bien la philosophie que la biologie, le droit ou encore l’anthropologie.
Avec quels matériaux travaillez-vous ?
Pour l’exposition « ethics & ? », j’ai articulé des médiums classiques de l’art, tels que le papier, le crayon, la photographie, avec des outils plus contemporains comme les logiciels Photoshop et Flash, l’impression numérique, l’animation et la projection vidéo. Je propose également une œuvre in situ, c’est-à-dire réalisée sur le lieu même de l’exposition : des mots dessinés sur un mur avec du graphite, matériau fossile qui a suivi le cours de l’humanité, mais également d’une grande fragilité. Ce travail invite à réfléchir au clonage, tout en posant la question de soi et de l’autre.
Quels autres rendez-vous permettront au public de vous rencontrer lors de cette résidence ?
Une autre exposition suivra, début 2010, toujours autour des sciences de la vie, et certainement enrichie des rencontres que j’aurai établi en 2009 avec les enseignants-chercheurs de l’université.
Et plus proche de nous, j’animerai une conférence le mercredi 11 février à 11h à l’école des Beaux-arts de Dijon (3 rue Michelet).
Exposition « ethics & ? » à découvrir à l’atheneum, jusqu’au 26 mars et geo-genetic à la BU Sciences et Economie (entrée libre).
http://atheneum.u-bourgogne.fr / http://www.christianegeoffroy.com
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